03 novembro 2008

Un roman commence par un coup de dés



«Le bolchevik m’avait paru par excellence l’homme de mon temps, et je pensais que c’était sur lui que je devais me modeler, si je voulais vraiment vivre mon temps, et lui que je devrais parvenir à peindre, dans toute sa réalité, si je voulais être un écrivain qui dure, c’est-à-dire qui a peint, dans son essence, le monde de son temps. Mais déjà le bolchevik est un personnage historique, comme les disciples de Socrate, les Romains de la république, les chevaliers errants, les conventionnels ou les chefs d’entreprise qui édifiaient des empires sur leurs machines. Un autre type d’homme est en train de se forger, qui ne devine pas lui-même ses traits, et qui ne ressemblera à rien de ce qui a encore existé. Il faut planter là tout ce qui n’est déjà plus vivant que dans la mémoire.»

Écrits intimes, Retour de Moscou, 1956 – pp 486-87


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